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Histoire

Chronologie

 La préhistoire

La présence de l'homme apparaît dés le néolithique : mise à jour de pollen de céréales, enfoui dans la tourbe des marais de Chef-du-Pont ; exhumation des structures d'un habitat datant du 3ème millénaire à Vierville.






 La période Gallo-Romaine


Après les Gaulois-Viridorix et ses Unelles-,vinrent les Romains qui les combattirent avec succès.

Les romains ont laissé de nombreuses traces : un vase contenant 4500 pièces de monnaie à l'effigie des empereurs a été trouvé à Sainte-Mère-Eglise ; deux marmites en bronze à Foucarville, en 1835 ;la borne milliaire, sur la place de Sainte-Mère-Eglise date elle aussi de l'époque romaine.Elle jalonnait autrefois la voie Alauna (Valognes) à Crocianatum (Saint-Côme-du-Mont).Ces " milliaires " étaient placées tous les mille pas et indiquaient la distance à compter de Rome.

Titus Sabinus, lieutenant de César qui vainquit Viridorix, chef gaulois, fit du chemin qui aboutissait au gué des Veys une voie romaine. Les légions empruntèrent le gué pour se rendre dans le Cotentin. " Vey " vient du latin " vadum " qui désigne un gué.


 Les Vikings


Mille ans plus tard, les hordes saxonnes et vikings marquèrent définitivement le canton de leur empreinte.

Le chef des vikings, Hrolf, dit Rollon, s'installe définitivement en Normandie et procède au partage des territoires entre ses parents et vassaux. II en sera de même pour le cotentin, en 933, lorsque la presqu'île sera unie à la Normandie sous la férule du fils de Rollon , Guillaume Longue-Epée. Au travers de donations faites aux différentes abbayes, Sainte-Mère-Eglise apparaît peu à peu dans les annales. Un descendant de Rollon donnait naissance à la lignée des " De Sainte-Mère " tandis que l'un de ses compagnons, Vieul Aux Espaulles, fondait le village de Sainte-Marie du-Mont.

Dans l'église de Sainte-Marie-du-Mont, certains chapiteaux sont travaillés avec des éléments vikings qui rappellent le dessin des cordages des drakkars.Ces décors vikings sont rares en Normandie. Il n'y en a que deux. Le second se situe à Saint-Côme-du-Mont, près de Carentan. Des oeuvres sculpturales de cette époque sont parvenues jusqu'à nous tels les chapiteaux sculptés de l'église de Sainte-Marie-du-Mont, les bas-reliefs de Chef-du-Pont ou encore les chapiteaux historiés de Boutteville. La motte féodale de la Fière, levée de terre en demi-cercle, doublée d'un large fossé, constituait une enceinte qui, au moyen-âge, servait de retranchement et de protection.
Au moyen-âge fut également construit le château de Sainte-Marie-du-Mont " L'islet ", habité pendant des siècles par la famille " Aux Espaulles ".

Plusieurs seigneurs titulaires de fiefs dans le canton (seigneurs de Boutteville ou de Sainte-Mère,par exemple), suivirent Guillaume lors de l'invasion de l'Angleterre en 1066 (bataille d'Hastings).

 La guerre de Cent ans


Le Cotentin resta normand et indépendant jusqu'en 1204, date à laquelle Philippe-Auguste, roi de France, boutait définitivement les anglais, alliés des normands, hors du duché. Puis les anglais voulurent récupérer le duché (1338-1450).

Le 13 juillet 1346, le roi d'Angleterre, Edouard III débarque à Saint-Vaast-la-Hougue avec son armée. S'estimant le seul héritier de la Couronne de France à la suite du décès de son grand-père Philippe Le Bel, il vient prendre possession de son royaume . Mais on lui a préféré Philippe VI de Valois. C'est la guerre et elle va durer cent ans.

Ayant à ses côtés le terrible Geoffroy D'Harcourt, seigneur de Saint-Sauveur-le-Vicomte, Edouard III dévaste Barfleur, investit Valognes et arrive le 20 juillet devant Carentan, non sans avoir au passage ravagé et pillé Montebourg et Sainte-Mère-Eglise. C'est le début, pour le village et la région, d'une période noire durant laquelle, s'ajoutant aux excès de la soldatesque, les épidémies et catastrophes naturelles vont être la cause d'une chute démographique sans précédent : la famine, la peste en 1348, vont éradiquer près de la moitié de la population du Cotentin. Au lieu dit " La Vallée de Misère ", à Sainte-Mère-Eglise, existait alors un village dont les habitants furent massacrés par les anglais ou décimés par la peste. Nous subissons entre autres en 1355, l'occupation du fort du Holme et des marais de Chef-du-Pont par Charles de Navarre, allié des Anglais qui, mis en possession du Cotentin, se rend à Cherbourg avec 10 000 hommes.

La guerre de cent ans (suite)...

En 1388, les anglais, sous la conduite du comte D'Arundel, sortent de leur garnison de Cherbourg pour dévaster une nouvelle fois le Cotentin. Le village de la Vallée de Misère n'est sûrement plus déjà que ruine et désolation.

La guerre de cent ans trouve son issue au Grand-Vey :Thomas Kyriel s'engage dans la traversée de la baie des Veys. Les français s'installent au milieu du gué et tiennent bon jusqu'à marée montante. Le lendemain, les anglais forcent le passage. Ils sont écrasés à Formigny. Les survivants refluent vers les Veys à marée ascendante. La plupart se noient. Les rescapés sont accueillis sur le rivage par les paysans ameutés au son du tocsin.

Quelques traces ont traversé les siècles : la bastille de Beuzeville, élevée au 14ème siècle pour défendre les marais et le Plain contre l'ingérence anglaise. Elle fut rasée en 1925. Les fermes-manoirs, typiques de l'architecture du Plain, ont été bâties à cette époque pour se protéger de l'envahisseur anglais. Enfin, la présence anglaise se fait sentir jusque dans la toponymie puisquà Sainte-Marie-du-Mont un champ porte le nom de " champ aux Anglais ". Des pièces d'or anglaises y ont été découvertes.


 Le XVI et XVIIème siècle : Le protestantisme


Aux 16ème et 17ème siècles, la région de Sainte-Mère fut l'un des fiefs du protestantisme dans la Manche à cause de la crise qui minait alors la chrétienté occidentale.

Le 15 août 1558, Nicolas aux Epaulles provoqua un scandale dans son église de Sainte-Marie-du-Mont en y pénétrant un verre de vin dans chaque main et en injuriant le curé. Il récidivera le lundi de Pâques 1561 en invitant un pasteur huguenot à prêcher devant sa famille. Son fils, Henri-Robert, abjura la religion huguenote à la suite de la conversion de son roi et ami, Henri IV en 1593.

Un prêche protestant aurait été organisé à Sainte-Mère-Eglise dés 1580 par le seigneur Jean Antoine de Saint-Simon qui fit même baptiser ses 12 enfants dans cette religion. Les protestants eurent aussi leurs propres cimetières : à Hiesville, Foucarville, Sainte-Marie-du-Mont et Sainte-Mère-Eglise (au hameau de Vaulaville).

Les principales familles du Plain adhérèrent à la Réforme. Le premier pasteur huguenot fut Nicolas Basnage dont le fils, Benjamin, lui succéda et exerça son ministère pendant 51 ans. D'autres familles du canton adoptèrent progressivement le protestantisme. Sous Louis XIV, les persécutions mirent fin à la Réforme.

 La révolution Française


La révolution engendra des excès mais ils furent moins sanglants qu'ailleurs (destruction du mobilier, exil du clergé...). La chouannerie locale se trouvait au manoir du Roueur à Fauville (Sainte-Mère-Eglise).Sainte-Mère devint " Mère Libre ". Sainte-Marie-du-Mont, dont le château abritait 300 prisonniers " Le Mont-du-Vey ".



 De l'empire à la première guerre mondiale


L'empire fut assez bien accepté. Le retour de Louis XVIII (1815) provoqua l'enthousiasme. La restauration mit fin à l'occupation des Russes et des hussards Prussiens. Rien de marquant sous les règnes de Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe. Napoléon III fut bien accueilli. Sous la IIIème république, c'est enfin la prospérité matérielle qui ne cessa de se développer jusquà la première guerre mondiale.


 1914 / 1918


Le 1er août 1914 à 4 heures du soir, le tocsin sonne la guerre. De lourdes pertes sanctionnent la victoire finale : 55 tués sur Sainte-Mère, 78 sur Sainte-Marie.



   
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